Eau de glace

On aurait dit une bouche. En fait, j'avais la nette impression d'entrer dans la gueule d'un fauve fatigué. L'air était chaud, suave et enveloppant. Mes cuisses accueillaient cet apaisement dans un silence de reconnaissance profonde. Je regrette parfois cette surconscience de mon corps qui fait de lui un lieu sensible que tout contrarie, déchire, remue et ce, malgré le déclin saisonnier de mes obsessions. Démonstration : j'extirpe mon visage de mon foulard pour mieux déposer mon regard sur le sommet d'une muraille où périssaient jadis les pires espoirs et le redescend aussitôt, surprise de constater l'ampleur de mon détachement. Dans la flétrissure du froid, le territoire évacue de lui-même ses points de tension. La ville génère des seuils d'achèvement. Des temps de givre nouveau. Des temps vitrés d'horizon.
la pénombre tu l'entends qui glisse dans les yeuxtu t'éprends tu t'éprends tu te retournes et il fait nuit(MB)
0 Dolly(s):
Enregistrer un commentaire